Understatement

Una parola, un pensiero

Pubblicato da under su 14 Giugno 2009

PAR220384

Uno scritto, un commento, una parola: non devono bastare. Solo il contatto, il vedersi, la conoscenza sembrano poter essere il fine vero di quel ci muove. E’ questo il modo, ed è questo che ognuno spera.

Ma chi cerca di che materia è fatto l’animo umano, perde tempo. Chi vuol trattenere per i sensi quel che si prova, avrà delusioni. E che dire di quel sussulto che prova il cuore, di cui rimarrà solo un ricordo flebile. Quell’attimo inesorabilmente perduto, che per volerlo vivere può passare la vita intera.

Solo le parole riusciranno a spiegarlo. Un pensiero basterà a farlo rivivere, una parola servirà a renderlo immortale.

E allora dico non rinunciare alla poesia, anche se la lontananza ne rende rarefatta la concretezza. Non rinunciare al calore della parola e al suo potere. Non è mai inutile scoprire che basta una parola per rendere ogni sogno più reale e quell’attimo sempre prossimo a venire.

7 Risposte a “Una parola, un pensiero”

  1. flo detto

    « Hors du soleil, des baisers et des parfums sauvages, tout me paraît futile… C’est le grand libertinage de la nature et de la mer qui m’accapare tout entier. Que d’heures passées à écraser les absinthes, à caresser les ruines, à tenter d’accorder ma respiration aux soupirs tumultueux du monde ! Enfoncé parmi les odeurs sauvages et les concerts d’insectes somnolents, j’ouvre les yeux et mon cœur à la grandeur insoutenable de ce ciel gorgé de chaleur. Ce n’est pas si facile de devenir ce qu’on est, de retrouver sa mesure profonde ».

    camus

    la parole, l’échange, la poésie entre nous, et ce partage d’un regard par l’air transporté…

  2. cristina detto

    …penso che spesso siano i sensi a darci più delle parole. o forse è così perchè sulle sensazioni uno ricama a proprio piacimento, costruisce “tutta una serie di film”, si abbandona a sogni e fantasie; mentre, basandosi solamente sulle parole, c’è meno spazio per divagare.
    è comunque un circolo vizioso: perchè senza di esse non esisterebbero poesie, nè libri, nè contatti, nè quelle famose sensazioni…

  3. lois lane detto

    …non potrei rinunciarci…
    talvolta l’ho voluto, ma poi torno ad attaccarmici. a mò di cozza, che non sarà una metafora di gran classe,ma di certo rende l’idea!
    :)

  4. flo detto

    Mon père. Loin dans le flou, j’ai cette image qui navigue : une ombre qui marche rapide, ma petite main –il me semble toujours comme moite et douce- dans des doigts bruns, une alliance, un or d’usure, mes trottinements au pas des siens.

    L’alliance est restée sur lui, je me suis farouchement opposée à ce qu’on l’ôte, sans doute pour ce qu’elle représentait confusément dans ma mémoire : mes premières images. Aujourd’hui, comme lui, elle se corrode sous terre. Cette idée est à la fois insupportable et présente. On ne peut pas lutter contre la lucidité.

    Mon père avait cette facilité de rentrer dans mon âme d’enfant, il inventait des mots, beaucoup de mots et de ce sabir, on extrayait des perles, des âneries, des loufoqueries qu’on attend peu d’un homme de cet âge. Il avait 45 ans quand je suis née, « sur le tard » on disait à l’époque, j’étais son deuxième enfant (la quatrième si on compte les jumeaux morts sitôt que nés) et il avait des revanches de paternité, frustré par l’absence de sa fille, la grande, la première pour de sombres histoires de séparation.

    Moi j’étais là, sage, fantasque comme le sont tous les mômes. Il inventait des tas d’histoires, que je croyais, qui m’enchantaient et qui me permettaient de comprendre le monde. Des ours qu’on aurait pu croiser sur la route vers l’Italie, dans ces montagnes interminables. L’aïeul voguant vers l’Argentine, ses actes héroïques de guerre.

    Que les ours soient bien plus haut dans les sommets, que l’ancêtre n’ait pas fait fortune au pays promis, qu’il fut, lui, déserteur (c’était la guerre, faut dire) ne changeait rien à l’affaire. Il s’agissait de faire rêver une enfant avide de fables. Et je l’écoutais avec des yeux émerveillés. Et plus tard, seule parce que je fus très tôt laissée en solitaire, autonome, responsable, je poursuivais dans mes jeux ces contes suspendus …

    Ma mère trouvait que nous étions fous, il participait à mes idées loufoques avec des mines conspirées, il adorait mes plans, mes inventions de gosse. Le sens de la réalité échappait rapidement à mes jeux – je n’en ai toujours pas une idée très aiguë .Il m’expliquait aussi la vie car nous avions des animaux (poules, lapins, pigeons…) et il fallait bien que je comprenne comment ça marche. Au printemps, je me souviens, nous portions la lapine du moment chez un ami italien qui avait invariablement un mâle intrépide et reproducteur. Il en semblait fier. Eux allaient boire un « caffè », un apéro , une bière peut-être dans le salon tandis que je rôdais pour voir l’accouplement . Je n’en revenais pas. On a bien tenté de m’éloigner de la contemplation de tels actes –au demeurant répétitifs- mais l’explication était inévitable ; et son corollaire –je pense pour noyer le poisson- de détails sur la consanguinité… Nous aussi on avait des lapins mâles, oui mais ils étaient de la même famille…Ah…Je tournais vers cette science des regards translucides. Lui, il savait et moi j’étais curieuse de tout.

    Il fallait aussi clarifier le concept de la mort. Je ne comprenais pas très bien cette idée de cadavre qu’il s’agissait de découper ensuite sur les tables dominicales. J’ai dû rater des épisodes dans l’explication, je suis devenue vite obstinée.

    « Ce poulet, c’est le même que celui dans le jardin ?

    - Heu, oui Florence (gêne perceptible)

    -Donc il est mort ?

    - Ben… oui…

    -Il faut donc que je mange un cadavre ?

    - ça s’appelle de la viande !

    -Mais il est mort ? (insistance, les couettes, la frange, et ce regard qui ne lâche pas)

    -Heu, oui…allez mange, prends le blanc, là, tu verras, c’est bon… (air faussement gourmand) Hummmmm.

    -Je ne mange pas de mort, moi….

    -Si, si un peu…

    (La suite a prouvé que non, même pas « un peu »…)

    Il aimait, je crois, céder à mes caprices ; je le manipulais à ma guise, c’est vrai. J’étais une enfant très aimée par ses parents ; dans la tradition familiale, je suis « la trop gâtée », celle qui a manqué de fessées. A vrai dire, je ne me souviens pas qu’on m’ait refusé quelque chose, sauf qu’il ne s’agissait pas de jouets ou de consommation quelconque (je m’en foutais mais c’était aussi une autre époque), non plutôt de désirs (aller au cirque, entendre une histoire, me donner des permissions…). Je trouvais que c’était normal car j’étais une enfant studieuse, appliquée, on me chargeait de responsabilités dont je ne sentais digne.

    ça méritait quelques compensations.

    C’est une construction importante, des parents aimants, même si je les voyais peu (ils étaient du monde ouvrier et travaillaient beaucoup) . Et puis ils étaient un couple, je n’étais pas l’unique point de leur attention, je ne suis pas d’accord de toute façon avec cette image que l’on me colle de gamine « au centre du monde ».

    L’adolescence fut terrible. C’est l’âge où l’amour des proches est une prison, je me suis rebiffée violemment. Je faisais pleurer mon père- qui n’avait pas la larme facile- je prenais tous les chemins obstinés de l’exaspération. Frontale, injuste, virulente, j’avais honte de leur condition, je leur reprochais à peu près tout. Mon père eut 60 ans en plein dans mes 15 ans. Moi, reine de la maison vide, je me cognais soudain à sa présence de tous les instants. Une invasion dans mes espaces autogérés, au moment des révoltes. J’ai fugué et je pense qu’il ne m’a jamais vraiment pardonné ma fuite inopinée, très théâtrale, cette peur au ventre. Je suis rentrée assez victorieuse et insolente, je ne suis pas très fière de cette période parce qu’elle n\’était qu\’un état d\’âme : un bloc de rage.

    Je suis partie très tôt de la maison, à l’autre bout de la France, l’amour est aussi un étranglement et je voulais apprendre la totale autonomie et découvrir mes possibilités. Je manque singulièrement de nuances.

    Adoucie, revenue plus près, j’ai eu le temps, avant sa mort de réconcilier nos phases. Nous sommes partis ensemble plusieurs fois en Italie, je veux dire, tous les deux, j’ai pu dire ou faire comprendre que je l’aimais, sans jamais demander pardon pour ces instants de disgrâce. Il fallait en passer par la rébellion pour trouver un accord plus adulte.

    Il m’a cependant beaucoup protégée .Mon père était ce rempart contre le rude du monde. Il représentait également une autre époque, il était le symbole de l’immigration : l’exil fut son drapeau .

    Il attendait clairement de moi une revanche : sociale, identitaire, culturelle.

    C’est une sacrée gageure et maintenant qu’il est mort, je dois pourfendre la trace encore, je n’en ai pas fini avec la réparation. Me lier à l’Italie, c’est honorer sa mémoire, c’est réparer la douleur de l’arrachement. Qui était jouée sur le mode pathétique mais qui se révélait profonde.

    En choisissant l’Italie, j’honore le père et son histoire, banale, douloureuse.

    En me décidant libre, je m’impose de ne pas vivre toujours dans la forteresse confortable de l’amour.

    Puisque personne ne m’aimera jamais autant.

    Mais orpheline, du jour maudit de ce constat, ça je le suis et je boîte sur la route verticale.

    Certes, aucun homme ne le remplacera, le manque est perpétuel, je le sais, il faut bien. Et il y a des moments où je suis dans un souvenir paisible, serein. Se rebeller contre la mort est une fatigue inutile, autant garder ses forces vives pour en montrer la puissance face au néant. Pourtant la fête des pères par exemple, le passage de l’équinoxe de sa mort également, sont des instants de brutalité pure. Je le pleure. C’est un rite de passage obligé, je sens bien que c’est le lourd tribut du souvenir. Je n’essaie pas de lutter, je pense à cette armée d’orphelins qui comme moi chantent des pères absents. J’ai mal pour eux aussi, ça ne me rassure ni ne me console, évidemment.

    L’unicité des êtres est un trésor sacré. Cette société veut nous faire croire que nous sommes remplaçables, des pions, des sujets. Il faut se lever contre cette injure et prouver par tous les moyens que nous sommes uniques, le fruit de passés qui s’étiolent. Que nous avons des mémoires remplies.

    Je fredonne ce matin, à l’ombre de la fête qui se dessine, la louange des pères, enfouis, vivants.

    C’est bien d’être l’enfant de quelqu’un.

  5. flo detto

    en fRANCE, dimanche, ce dimanche, c\’est la fête des pères.

  6. flo detto

    Parce que, tout de même, un homme, c’est bien autre chose que le petit tas de secrets qu’on a cent fois dit. Bien autre chose, en deçà et au-delà de l’histoire qui le concerne, comme un pays sans frontière, et l’horizon ne tient la longe qu’aux yeux.

    C’est un pays rêvé quand on ne rêvait pas encore, et c’est le rêve d’un pays qui vous mène quand tout dort, quand on est soi-même endormi. Au réveil, ça vous colle à la peau. Ça vous remplit et ça vous vide tour à tour. La plénitude et le manque, systole, diastole, flux, reflux, qui font aller l’homme comme la mer, d’un bord à l’autre de lui-même.

    Parce qu’un poète, c’est toujours un pays qui marche, dressé comme une forêt, et traînant dans sa langue une terre d’exil, un paradis d’échos
    goffette

  7. flo detto

    Almásy: There’s also a plant – I’ve never seen it but I’m told you can cut a piece the size of a heart from this plant and the next day it will be filled with a delicious liquid.
    Katharine: Find that plant. Cut out its heart.

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